Courrier à mon banquier

Bonjour Monsieur,

Je sais que vous êtes en congés, mais cela vous fera un peu de lecture à votre retour.

Comme vous vous en souvenez peut-être, nous avions échangé par téléphone le jeudi 30 juillet à propos d’une opération de 811 euros a priori au bénéfice d’Apple (que je n’aime pas, je n’ai toujours rien de chez eux, c’est promis).

J’étais alors dans l’agence de S., vous m’aviez faxé des documents que j’avais signé sur place, et j’avais rédigé un courrier manuscrit dans lequel je précisais que cette transaction n’était pas de mon fait (j’étais entraînée puisque j’avais déjà rédigé un tel courrier au début du même mois pour une opération de 29 euros déjà au bénéfice d’Apple).

Ma CB avait été bloquée (en retard, puisque l’agence de V. avait mis 10 jours pour le faire, bien que j’aie signalé le caractère frauduleux de la transaction de 29 euros le jour même de son apparition sur mon espace personnel).

Bref, les choses traînant, et n’étant pas suffisamment riche pour me passer de ces 811 euros plus longtemps, j’ai appelé l’agence à différentes reprises. J’ai, par 3 fois, eu différents interlocuteurs qui m’ont « invitée à la patience ». Puis, j’ai reçu ce jour un message sur mon répondeur m’indiquant que le nécessaire ne pouvait être fait faute d’un courrier manuscrit de ma part (lol, si je peux me permettre). Alors que, 30 minutes avant, j’avais eu droit à « c’est normal c’est long c’est à l’étranger » (???).

Je ne vous cache pas que cela m’a mise en colère et que ma politesse légendaire s’est fait la malle.

Il semblerait que les documents n’aient soit pas été envoyés par l’agence de S. (négligence ou incompétence ??), soit pas traités par l’agence de V. (négligence ou incompétence ?). Il est par ailleurs évident que les différents interlocuteurs que j’ai pu avoir lors de mes appels téléphoniques (lorsque ceux-ci aboutissaient, ce qui reste rare, mais la musique d’attente est bien sympa) m’ont donc systématiquement « invitée à la patience » sans vérifier que ma demande était traitée (manque de temps ? incompétence ?). Pourtant, à ce moment là, j’étais encore très polie et patiente, comme on me le demandait.

Aujourd’hui, on a touché le fond puisque j’ai eu droit à de la mauvaise foi (mes différents interlocuteurs tenant différents discours, une des personnes m’ayant affirmé que oui, on avait bien reçu mes documents (re-lol), mais que je devais les refaire, parce-que la transaction avait eu lieu APRES le blocage de ma carte (comment est-ce possible ?), et que donc on avait des doutes sur la véracité de mes propos (en quoi, dans ce cas, refaire un papier changerait la donne ?).

Je me suis donc rendue à l’agence de S. (puisque je n’ai que ça à faire, évidemment), où la directrice de l’agence a pu me recevoir. Il lui a été dit par l’agence de V. que les documents n’avaient pas été reçus (tiens donc, on a changé d’avis). J’ai donc re-signé le papier que vous m’aviez déjà adressé, et refait un petit courrier manuscrit (ça m’entraîne, avec les PC (et non pas MAC) on n’a plus trop l’habitude de faire des courriers manuscrits, c’est regrettable).

J’ai profité de ma venue en agence pour prendre une petite plaquette « autant de garanties dans une seule assurance, c’est vraiment innovant ! » qui explique à quel point la banque est réactive lors de l’utilisation frauduleuse de nos moyens de paiement. La plaquette est très jolie, mais du coup son contenu me laisse un peu perplexe.

Me revoilà donc rentrée chez moi, avec ma CB toujours toute belle toute neuve (ce qui a été une aventure aussi, de récupérer une CB, puisqu’a priori mes justificatifs de domicile ne sont pas valables pour vous, bref) mais plus un sou sur mon compte, sachant que je pars en vacances dans une semaine et que j’avais éventuellement envisagé de me faire un peu plaisir. Mais comme je risque de n’avoir même pas de quoi payer le péage, je ne vais pas aller bien loin.

Je regrette d’avoir trop fait la cigale, si j’avais eu un peu d’argent de côté, j’aurais été moins embêtée. Ceci dit, les dernières années ont été pleines d’imprévus.

Me voilà donc à me renseigner sur les offres de la concurrence. Dans l’absolu, je n’ai pas que ça à faire, mais comme je risque de ne pas pouvoir partir en vacances, ça m’occupera de faire des comparatifs !

J’espère que vos congés auront été plus agréables que les miens !

Bon courage pour votre retour,

Miliette

MILK POWAAAAAA : le retour !!

C’est décrété, c’est la journée de l’allaitement, aller. Ben ouais, Marivalou en parle, Miss Kangourou nous apprend tout plein de choses, et j’ai envie/besoin d’en parler aussi, même si ça peut sembler déplacé sur ce blog.

Voilà que je me suis mise à kiffer l’allaitement. Je n’ai plus vraiment mal. Encore des engorgements, mais ce n’est pas trop douloureux, la mise au sein est toujours un poil sensible, mais enfin, après le jambon et la ponte, c’est pas grand chose.

Pas de vaisselle, ce qui m’arrange bien, parce que je suis une feignasse et j’ai déjà mes couches à laver, et ça permet d’avoir toujours le casse-croûte sous la main, d’où mes aventures rigolotes dans la salle d’attente du médecin, par exemple.

Avant, l’allaitement, je disais « bon, ok, je vais essayer » (enthousiame ZERO). Après, je me suis dit, « ok, je vais essayer de tenir jusqu’à la reprise du taf ». Et voilà qu’au début de cette semaine, j’ai fait péter ma carte bleue toute neuve (manque toujours 800 boules sur mon compte, mais enfin) pour acheter un tire-lait soit disant idéal pour les femmes actives (genre c’est moi, la femme active). Et une petite glacière et toutes les conneries qui vont bien pour jouer à la dealeuse de lait à la crèche.

Oui.

MAIS

(ben oui, ya un mais, sinon, j’en pondrais pas un article. En fait, ya même deux MAIS).

  1. (on numérote, car vu mon état, je me perds vite)

Je me demande bien où je vais tirer mon lait au taf. Hihi. Non parce que bon, dans le monde glamour du marketing, en fait, ya pas grand chose de prévu. Je fais de la colocation du bureau, et c’est hors de question de tirer mon lait avec mon coloc. ça rapproche la coloc de bureau, mais quand même, faut pas abuser.

Des pièces libres, yen a pas, à ma connaissance. Ou alors faudrait demander. Sauf que. Sauf que autant je raconte ma vie sur la toile, autant au boulot, ya pas plus discrète. Je ne m’imagine même pas demander si ya une salle où je peux tirer mon lait en toute intimité. J’aurais l’impression, justement, de la perdre, mon intimité. C’est sûrement con…

Restent les chiottes, mais c’est un chiotte « unique », enfin voyez, et je me vois pas trop prendre mon tire-lait sous le bras, tout « femme active » qu’il soit, et m’enfermer 10-15 minutes pour tirer mon lait au dessus de la cuvette.

Je pense me cacher de temps en temps sur la pause dej dans ma voiture, mais enfin, ça risque d’être chaud bouillant aussi, j’ai pas pris l’option « vitres teintées pour les stars » et je rentre pas dans le coffre. Faudrait que je fasse ma MILK jusqu’au bout et que je foute des pare-soleil Hello Kitty peut-être, mais je ne suis pas sûre de pouvoir (psychologiquement).

Donc, vous l’aurez compris, emmerde numéro 1 : où me vider les nichons en journée ? (ailleurs que sur la table en pleine réunion, j’entends).

2. (souviens-toi, yavait un petit 1. plus haut) : la P’tite Gouine refuse le bib

Oui, voilà, depuis quoi, 3 semaines, on s’essaye au bib. Enfin pour être plus précise, disons qu’on avait déjà donné 3 ou 4 biberons de mon lait « maison » à la P’tite. No soucay. Ouais. Mais ça, c’était AVANT (avant quoi, je sais pas). Là, depuis 3 semaines, je me casse le cul à me traire, à tout laver (et là par contre, mes angoisses de contamination reviennent, tu sais, ce pourquoi on m’a mise sous gougouttes puis antidépresseurs), et à passer des heures à essayer de nourrir la P’tite par tous les moyens possibles (sauf mes seins) : biberon 1, biberon 2, donné par Mi-couple, donné par Mamie, donné en chantant, dans telle ou telle position, donné à la tasse, enfin bref, on rigole. Et j’ai peur que les voisins n’appellent Brigitte Bardot tellement elle hurle (et je ne vais pas m’étendre là-dessus, mais ça me fend le coeur).

Donc au-delà du fait que je ne peux pas essayer de dormir une nuit complète, qu’on perd du temps en tortures inutiles 3 heures par jour, que j’ai peur de voir débarquer les services sociaux chez moi, que je ne supporte plus de voir la P’tite hurler, ben va se poser le problème de la crèche. J’ai peur qu’il ne kiffent pas trop le truc… On peut se faire virer d’une crèche vous croyez ?

J’ai bien songé à emmener la P’tite Gouine au taf, mais je saurais pas où l’allaiter non plus, puis bon, je ne suis pas sûre que ce soit autorisé, hein. On est cools dans le marketing, mais quand même.

Je ne vous cache pas que ce « petit souci » entame vaguement ma sérénité durement acquise à coups de cachetons. Sur Internet, ils disent que « faut pas s’en faire, ça passe », mais j’aimerais bien que ça passe avant 2017 en fait, parce que ça commence à approcher la « rentrée » là…

Par ailleurs, le sentiment que la P’tite Gouine, d’une certaine manière, dépende de moi à 100%, est plutôt stressant pour moi.

Enfin, j’ai une dernière interrogation sur la poursuite de l’allaitement : cela fera l’objet d’un autre post, car il y a beaucoup à dire sur ce sujet, mais nous envisageons de retourner en PMA rapidement. Hors, j’ai peur que l’allaitement ne retarde longtemps mon prochain J1, et je crains que l’on se fasse recaler pour ça, si en plus il faut que tout se remette en place derrière…

Ceci dit, si on en croit « les gens », il est probable que ma grossesse ait réparé les couilles de Mi-couple, auquel cas je m’inquiète encore pour rien.

Le baiser de la cigogne – attention : instant cucul

Hier soir, on découvre une tâche rose/rouge sur la nuque de la P’tite Gouine.

Comme je suis une femme tout à fait raisonnable et rationnelle, je ne panique pas et je me dis que c’est une irritation de la peau.

Cette nuit, je vérifie : la tâche est toujours là. Comme je suis une femme tout à fait rationnelle et raisonnable, je me recouche. Et je cogite.

Ce matin, je re-vérifie, à la lumière du jour. Comme je suis une femme tout à fait raisonnable et rationnelle, je fonce sur Gogole avant d’appeler le Samu.

Et là, que vois-je ?

Yen a plein de ces tâches. Et a priori, c’est même pas grave. Des espèces d’angiomes plats ou un truc comme ça. Quand on appuie, ça blanchit, puis ça reprend sa coloration rose/rouge.

Même que c’est fréquent sur la base de la nuque. ça s’appelle « le baiser de la cigogne ».

cigogne2

Bordel, j’étais à deux doigts de chouiner tellement j’étais émue de me rappeler, comme cela m’arrive 882 fois par jour, à quel point j’avais de la chance que la cigogne soit passée…

Je pense fort à celles qui attendent encore la leur, et encore plus fort à celles qui ne l’attendent plus…

Le congé maternité contribue-t-il à renforcer les inégalités homme/femme ?

Z’avez-vous, on va philosopher. Ouais. J’essaye d’élargir mon lectorat (encore et toujours) puis ça fait du bien de penser, entre deux machines.

Propos liminaires : je tiens à préciser que je ne me suis jamais sentie « féministe ». Peut-être parce que j’associe un peu le féminisme à un mouvement de femmes qui crient un peu trop fort (me criez pas dessus les filles, ça donnerait de l’eau à mon moulin ! Z’êtes coincées !!).

Bref, c’est certainement juste un problème d’image (celles que j’ai entendu n’ont pas dû m’en donner une bonne) et de vocabulaire, car par contre je suis très intéressée par tout ce qui touche à la discrimination (que celui ou celle qui n’a jamais été victime de discrimination lève la main !!) et par les questions de genre (je suis aussi passionnée par la Sécurité Sociale et le système des retraites, voilà, c’est avoué).

Et là, comme j’ai rien à foutre, évidemment, je voudrais qu’on se penche tous ensemble sur la question du congé maternité (comment ça vous vous êtes occupés ??).

Ah oui, juste pour la blague en parlant de ça : je ne suis moi-même pas en congé maternité. Apparemment, il faut un papelard qui te dit que tu es en congé maternité. Moi, j’ai vu 673 personnels soignants, médecins généralistes, gynécos, SF, anesthésistes, puer, tout ce que tu veux, mais PERSONNE n’a pensé à me faire ça. Et moi, je savais pas que ça existait, et quand j’en ai parlé à l’hosto on m’a dit « t’inquiètes Miliette c’est bon » (noter que quand on me dit ça, c’est JAMAIS bon).

Bref, faudra que je pense à régler ça, car je suis « en anomalie ». C’est moche. Faudrait surtout pas qu’on me coupe les vivres, d’autant qu’un abruti a piraté ma carte bleue et que du coup, ça fait des trous sur le compte (800 boules qui disparaissent, ça a égayé ma journée aussi, ouais).

Et voilà, je m’égare encore, j’aime tellement parler de moi que je me contrôle plus (et comme j’ai pas beaucoup d’adultes sous la main en ce moment, et que mon chien en peut plus d’entendre mes plaintes, et que Marivalou la pauvre je peux pas la bombarder sans cesses, faut que ça sorte quoi).

Alors je proposais donc un grand débat : le congé maternité contribue-t-il à renforcer les inégalités homme/femme ?

Je me pose sérieusement la question, en ce moment.

Parce que, prenons ma situation personnelle (ouais, j’aime bien me prendre comme exemple aussi, ça me permet de parler de moi, encore).

Bon, comme chacun sait (ou pas), j’ai eu un Vêlage De Rêve Par Voie Basse (VDRPVB). Mémorable, mais avec peu de séquelles physiques, disons.

Parallèlement, j’allaite (quitte à être une vache, autant y aller à fond. Tiens, pour info, maintenant je kiffe l’allaitement pour de bon. C’est trop pratique en fait. Notamment, pas de vaisselle. Et autant je kiffe laver le linge, autant j’aime pas faire la vaisselle. Peut-être un lien avec le fait que j’ai une machine à laver mais pas de lave vaisselle. Bref, je m’égare encore).

Donc, si on prend mon cas, admettons qu’il me faille 15 jours pour me remettre de la ponte. Après, qu’est ce qui justifie que je sois en congé davantage que Mi-Couple ?

Evidemment, mon propos n’est valable qu’en cas de VDRPVB. Evidemment.

Alors bon, on peut dire l’allaitement. ça, ok. Mais enfin, le « problème » va perdurer. Et puis tout le monde n’allaite pas (yen a certainement qui préfèrent faire la vaisselle, je sais pas moi, ça doit arriver).

Alors POURQUOI une femme qui a vécu un VDRPVB et qui aime faire la vaisselle aurait-elle droit à plus de congés que son (ou sa d’ailleurs) Mi-Couple ?

Parce-que franchement, ça change la donne.

Je le vois bien, moi, que parfois je suis un peu « sèche » avec Mi-couple, quand « il sait pas ». Mais en même temps, comment veux-tu qu’il sache puisque quand « je fais donc je sais », lui il bosse pour gagner beaucoup de pognon (on y croit) ?

Je pense être en capacité de bosser puisque je me déplace (et avec la P’tite Gouine, croyez-moi, c’est un challenge de chaque instant) et je récupère suffisamment de neurones pour bosser un peu à distance (ouuuuuhhhh la mauvaise mère !!! ouh !!!!!!!).

Alors quoi ?

Pourquoi, si nous l’avions souhaité tous les deux, Mi-couple n’aurait pas pu avoir la moitié de mon congé, pour avoir la même chance que moi de prendre ses marques avec sa petite (qui louche, comme ses spermatozoïdes, c’est attendrissant !!) ?

Puis du coup, ça peut vite se répercuter sur la suite : au motif que « je sais mieux » et « j’ai plus l’habitude » de m’occuper de la P’tite Gouine, pourquoi ça ne continuerait pas comme ça après le taf ?

Pas que je ne sois pas contente (j’appréhendais un peu, mais je commence à kiffer à être payée à laver mon linge) hein, pas du tout, mais je veux dire, pourquoi moi et pas lui ? (bon, ok, il allaite pas, mais rappelez-vous, on peut « ne pas nourrir son enfant », mais si !!).

Surtout que j’ai de la chance, malgré tout, Mi-Couple est super investi, mais en fonction du modèle de Mi-Couple qu’on a, ça doit parfois être plus compliqué…

Je me demande pourquoi ce choix ne nous est pas « offert », fonction des situations de chaque famille.

Il doit y avoir une/des explication(s) je n’en doute pas. Mais j’ai pas encore trouvé.

Et la prochaine fois que Mi-Couple me dit « Ne me demande pas de faire ça !! » en réponse à « choisis-lui une tenue s’il te plait », je le fracasse.

Aller, à vos stylos ! 4 heures pour répondre !