Tristesse – médias

Je prends mon PC cinq minutes car, comme souvent quand il y a un événement de ce type, j’ai les boules.

Cela n’aura sûrement échappé à personne, le terme « attentat » ou « terrorisme » revient très souvent dans les médias ces derniers temps.

Au-delà du fait que ça me donne envie de chialer de savoir qu’on vit dans un monde où des gens coupent des têtes, tirent sur des gens en maillot de bain ou se font exploser pour tuer (même pas envie de développer tout cela tellement c’est absurde), je suis mortifiée par la façon dont, comme toujours, les médias traitent la chose.

Un grand classique. ça marche pour tout. Un avion s’écrase ? 357 morts ? On vous parlera des DEUX français. Ben ouais, si les autres personnes décédées viennent du Cameroun ou d’ailleurs, on ne va quand même pas s’y intéresser. Une vague géante s’abat sur un pays, à moitié détruit en quelques minutes ? Des milliers de morts ? Aller, on va s’intéresser aux 37 français qui étaient là-bas.

Et là, vous n’avez rien remarqué ?

3 attentats une même journée (4 même je crois).

On a cet attentat en Isère. C’est la « tête d’affiche » pour les médias. Bon, en même temps, c’est l’actualité nationale. Donc là, un homme blanc, français, en France, on en parle et ça compte. On en parle au point d’interroger Jeanine, qui bon, ne le connaissait pas personnellement, mais qui trouve ça triste parce qu’il avait l’air gentil et que c’était pas loin de chez elle. Gérard veut témoigner aussi, parce qu’il a entendu « comme un boum ».

Une fois qu’on a pu entendre tous ces témoignages passionnants, on peut passer au drame tunisien. Parce que bon, c’est pas des français, mais ce sont des touristes blancs, il aurait pu y avoir des français, du coup c’est quand même pas négligeable. Puis bon, ce sont des anglais et des allemands, des « vrais européens » (chacun sait qu’un polonais par exemple, ça compte pas pareil pour les médias. Et je ne parle même pas des pays que personne, moi y compris, ne connait).

Alors là pareil, on prend un peu de temps, cellule de crise, on interroge Ben et Jenna qui sont choqués parce qu’ils sont revenus de Tunisie il y a deux semaines à peine, et que ça aurait pu être eux.

Une fois qu’on a passé un peu de temps là-dessus, il nous reste très précisément 27 secondes pour évoquer un attentat commis au Koweït, dans une mosquée. ça intéresse qui franchement, 27 morts et plus de 200 blessés s’ils ne sont pas « bien blancs » ??

On a choisi pour la P’tite Gouine un prénom qui existe dans de nombreux pays. Je suis contente de ce choix, contente qu’elle soit « internationale » (bon, pour le nom de famille, faudra repasser par contre, mais là, on n’avait pas le choix). C’est sûrement ridicule, dans un monde où ta vie n’a pas la même valeur en fonction de ta couleur, de ta religion, de ta nationalité… Triste monde.

Bordel, toute vie n’est donc pas précieuse ?

Aller, ce soir je m’abstiens de regarder les informations, ça ne sert vraiment à rien.

Brèves

Ben ouais, j’ai même plus le temps de raconter des conneries.

Mais je ne pouvais plus attendre, face à la vague de personnes qui attendent de mes nouvelles ! (je déconne, hein).

Du coup, quelques petites brèves :

HYGIENE

Tu peux essayer de te laver les dents et les cheveux le même jour. Ce n’est pas parce que moi je n’y arrive pas que toi tu ne pourras pas le faire. Je suis certainement juste mal organisée.

CHOUINAGE

J’ai pleuré les 10 jours qui ont suivi la ponte. A n’importe quel moment. J’ai pleuré juste parce que je la voyais, juste parce que ça me paraissait dingue, juste pleuré d’émotion et de bonheur. ça m’arrive encore…

ALLAITEMENT

Ben moi, je dis que les gens qui ont inventé le lait en poudre, ils ont quand même vachement contribué à la libération de la femme. J’allaite toujours, mais ça relève du miracle.

SAGE-HOMME

J’ai eu un sage-homme (maïeuticien) à la sortie de la maternité, dans le cadre d’une hospi à domicile (que j’ai gagné je ne sais plus trop pourquoi, à cause du poids de la P’tite Gouine je crois). J’aurais jamais choisi un sage-homme spontanément, ben dis donc, ça aurait été con, il a été très chouette et m’a même filé mon meilleur tuyau sur l’allaitement.

PHANERES

Tes phanères poussent plus vite que tu ne peux les entretenir (cf. HYGIENE). C’est chaud bouillant.

FUITES

Quand je chiale pas, je fuis des seins. La première fois, j’ai cru qu’il pleuvait, puis je me suis rendue compte que j’étais dans ma salle de bain et que donc c’était peu probable. Les fuites de lait, ça pue. Et les coussinets lavables, ça absorbe pas assez. Dans la catégorie « FUITES », je commence à arrêter de me vider de mon sang. C’est cool, après 3 semaines. Bon, c’est pas terminé, hein, mais ça diminue bien. Cool, parce que vue ma gueule et le fait que je tolère pas le fer, ça devenait tendu.

SLING

Non La Chouette, j’ai bien écrit SLING, pas STRING. C’est une espèce d’écharpe de portage avec un anneau. Très pratique, je recommande. Flippant mais pratique.

SOMMEIL

WHAT ??? Quand le sage-homme m’a annoncé que la P’tite Gouine avait perdu du poids et qu’il fallait la nourrir toutes les 2h30 ou 3h MAX, y compris la nuit, j’ai chialé (j’ai quand même attendu son départ). J’ai pas chialé parce qu’elle avait perdu du poids, non, même pas, j’ai chialé parce que j’allais dormir encore moins, et que j’ai eu peur de craquer. J’ai pas craqué, mais c’est chaud bouillant.

PSY

Quand les psys m’ont convoquée avec la P’tite Gouine, j’ai été grave vexée. Mais en fait, c’est bien. Yavait deux pédopsys et une puéricultrice. Elles ont été très bien, et c’est pas mal d’être suivie, pour les raisons évoquées ci-dessus.

BONHEURS

Yen a plein. Je savoure, malgré les petites difficultés.

TVP

(autrement dit thrombose veineuse profonde, ou phlébite, ou jambon). Je dois garder mes bas (oui ma cochonne, je garde mes bas !!) et continuer mes injections, et faire des PDS (mais j’y arrive pas, comment je peux aller au labo ?) et voir des médecins (quand ???). Les injections, surtout celle du matin, ne me facilitent pas la tâche (celle du soir est moins casse-couilles vu que je l’oublie la moitié du temps). C’est pas pratique du tout car je suis censée les faire à heures fixes, et que la P’tite Gouine se fout royalement de tout ça. Le soir, à l’heure de la piqure, elle mange. Et le matin, elle termine en général une heure avant la piqure. Ce qui signifie, en gros, que je peux pas me rendormir entre les deux. C’est chaud bouillant.

NOURRITURE

Je mange comme 12. De TOUT, sans rien laver, je m’en fous, et j’ai même pas lavé mon frigo. RAF (Rien A Foutre). Enfin quand je peux, parce qu’en général, quand je m’assieds pour manger, elle pleure, elle veut manger aussi. Bon, c’est pas grave, Mi-couple me nourrit un peu à la cuillère au-dessus de la tête de la P’tite Gouine.

MERDE

Je me disais qu’une fille c’était bien rapport au fait que ça fait pas pipi en jet. Que je suis conne… Non seulement elle pisse en jet, mais elle fait caca en jet aussi. Et les bébés, ça fait caca orange. ça tâche !!

FAIRE-PART

J’ai craqué, on en a fait. J’ai décidé moi aussi de pourrir les frigos des autres. Ya pas de raison.

MODE PB

J’ai que 2kilos en plus sur la balance (ceux du Provames !!!). Alors voilà, je profite quoi !! Bon, mais vu ce que j’avale, ça va pas durer.

LISTE DE NAISSANCE

Bon, j’ai voulu faire la MILK et créer une liste de naissance. Avec 4 trucs dessus. Ben personne me l’a demandée, merde. Fait chier quoi. Je comprends les bouffonne qui nous envoient leurs listes alors qu’on les a pas vues depuis 6 ans et qu’on n’a rien demandé !!

ON EST PARENTS

On s’en est rendu compte le jour où on a fait une « sortie en famille » (comprendre : sortir à 3 pour des galères) avec Mi-couple le jean repeint de la merde de la P’tite Gouine, moi le T-shirt refait par elle en mode « je régurgite ». Ben ouais, à force de se dire « je vais nettoyer ça juste après », se peut qu’on ait fini par oublier quoi…

MOUCHE BEBE MUSICAL

Pas encore testé. Coooooool !!!!

Clamart

Le 4 juin 2014, j’écrivais un article intitulé « game over ». Mon premier transfert était un échec.

Un an. Un an « seulement » et tout a changé.

Après avoir été une PB épanouie de longs mois durant, me voilà une MILK.

Oui. Oui, mais je n’oublie pas.

image

Ça là, c’est la vue depuis ma fenêtre. Au cas où j’aurais oublié d’où on vient.

Ah oui, pour celles à qui cela ne « parle pas » : c’est le pavillon PMA. C’est ici que Mi-couple a pu mater du Marc Dorcel pendant qu’on me ponctionnait sous gaz hilarant  (je suis vachement déçue que ça ait pas marché pour le vêlage). C’est ici qu’a disparu ma boîte de 6. C’est d’ici qu’on vient.

Je repense parfois à Monique (mais si, vous savez, la psy !!) et à son histoire de « dette ». Oui Monique j’ai une dette. Je n’oublie jamais que la PMA n’est pas une solution pour tout le monde, loin de là, mais je suis pleine de gratitude pour ces médecins qui nous ont permis de passer dans le bâtiment central. Je suis pleine de gratitude pour vous toutes et tous qui avez rendu mon petit parcours supportable en me permettant de prendre du recul grâce au partage de vos histoires et à votre soutien, là où « la vraie vie » n’a pas forcément été d’une grande aide.

J’ai une « dette » qui n’a pas de prix, et je ne l’oublierai jamais. J’espère rester consciente de notre immense chance.

On est venu me parler ovulation et contraception hier. Évidemment j’ai bien ri. Évidemment j’ai eu droit à « ça peut arriver ». Et bien sûr ça peut. On pourrait regagner au loto. Qui s’en plaindrait ?

Je me « plains » beaucoup mais je suis souvent submergée par la gratitude. Envers un peu personne en particulier et tout le monde en général.

Mais bon, avant de virer trop dans le sentimental (faut pas déconner) faut que je vous raconte brièvement comment on se marre ici.

Ya un grand jeu de rôle organisé dans l’hôpital. Ils ont plein d’équipes. Chaque équipe a des blouses de couleurs différentes. Et ya aussi des équipes dites « de jour » et « de nuit ». Chaque équipe se plie en 4 pour te faire rire et renvoyer les merdes aux autres equipes. Du genre :

« Oui, je pourrais vous enlever les cathlons dans vos bras. Mais vaut mieux demander à l’équipe blanche de jour ». 4 équipes mobilisées sur cette manche, j’ai fini par gagner !!

Ça marche avec tout.

On a les blagues propres aux personnes qui distribuent les repas : « bon appétit !! » (Il en faut de l’humour. Où alors ils se sont laissés du suspense et n’ont jamais levé le couvercle qui recouvre la gamelle).

On a (c’est un peu mon péché mignon) toutes les questions rigolotes. Du type :

-vos saignements sont normaux ?

(Retour en philo, classe de terminale. Qu’est ce que la normalité ? Je marche comme un canard rapport à ma chatte découpée  (désolée, j’avais un challenge sur des animaux à caser dans une même phrase) comment savoir si c’est « normal » ?)

-ça vous ennuie de ne pas aller à la selle ?

(Euh ben… Non ça va je trouve à m’occuper autrement merci, vous inquiétez pas)

Les propos qui, sortis de leur contexte, pourraient te dérouter :
-vos sens grossissent bien, je peux toucher ?

(Oh oui oui les deux allez – y !)

Les inattendus :

-non, on vous fait pas le Lovenox tout de suite faut attendre 6 heures après avoir retiré le cathéter de péridurale

(Pitié, est ce que quelqu’un peut lire mon dossier ??)

J’avais le sentiment de péter le feu mais j’ai été un peu alertée sur mon niveau de fatigue juste au moment de tartiner mes seins avec mon dentifrice. C’est plutôt cool d’ailleurs que je sois pas allée au bout du truc car « haleine fraîche » sur « grosses plaies béantes » ça aurait picoté ça encore !

Enfin voilà. Des efforts à faire sur la bouffe, mais la qualité des services et animations est au top, y’a pas à dire !

Aller, j’y vais, 17h08 faut que je me fasse belle pour le dîner !

A vêlé !

Attention.  Post plein de cui-cui les petits zozios.

Devinez qui a vêlé pendant l’amour est dans le pré ?

C’est bibi. Tiens d’ailleurs faudra que je pense à mater le replay avant que ça ne disparaisse (ya des priorités dans la vie).

Évidemment, tout s’est passé comme dans un rêve tout s’est passé comme d’hab, à savoir comme c’était pas prévu.

Ben si, souvenez-vous, tout était bien calé j’avais mes RDV pour aller organiser le déclenchement et me bouffer ma péridurale par le dos enfin tranquille quoi. Voilà, ça, c’était comme c’était prévu. Hi hi.

En vrai maintenant : dimanche, des traces roses dans ma culotte (si t’as pas fini de dîner, ben dîne tranquille au lieu de me lire). Petite panique à bord (je rigole hein, je panique jamais moi) et je vais aux urgences (ça me change hein !). Tout va bien, on me renvoie chez moi avec un RDV pour jeudi (après demain quoi). Mais lundi matin l’empereur sa femme et le petit prince je sens bien qu’ya un truc bizarre. Depuis la veille je contracte comme une dingue. Plutôt que de me piquer, je prends mon Lovenox sous le bras et je me pointe aux urgences  (oui, encore oui !). Où on me tâte le col et où on me dit « à jeudi !! ». C’est mal me connaître : malgré tout l’intérêt que je porte à l’amour est dans le pré, lundi soir j’y retourne. Parce que bon, je suis pas une spécialiste, mais si c’était pas des contractions régulières ces trucs là, je voyais pas.

Et PAF ! Je vous le donne en mille : j’avais raison (me félicite pas, je me suis quand même fait baiser).

Là, carte VIP, on me dit que je peux rester et que je vais avoir droit à une péridurale vu que je me suis pas piquée depuis 12h. Bon, c’est presque comme c’était prévu quoi, et moi qui était pas sûre de l’intérêt de la peridurale, après 24h de contractions j’étais un peu plus « sensibilisée », disons !

Mais non !! La fenêtre des 12h, c’est pour les petites natures (oui Dame Lapin !! 😉 ) qui se piquent à 0,4. Bibi, elle s’enfile du 0,8. Et deux fois par jour s’il vous plaît.

Du coup, la fenêtre devait faire 24h grand minimum (si cette phrase te paraît bizarre, c’est que tu me lis pas assidûment. Ça me rend chafouine).

Bref : dans le cul lulu pour la peridurale !! Miliette on lui propose un ballon, de déambuler et des bains chauds ! Ouais !!!! C’est kif kif quoi.

Bon, en vrai, après 2 heures à ce rythme là, on m’a filé un truc avec un dérivé de morphine. Ça m’a paru bien 5 minutes et puis j’ai à nouveau eu envie de tout faire péter tellement j’avais mal. Je me suis contentée de sourire et de dire « ah, ça picote quand même mais ça va aller ! »

C’est pas allé du tout. J’ai vachement pas kiffé ce sentiment d’être déchirée de l’intérieur.  Pendant plus de… 10 heures !! (Je compte pas les 24 h chez moi, mais si tu veux faire 10+24 tu peux te faire plaisir).

Très vite je suis passée de « je serre les fesses » (pratique pour pousser) à « je gueule comme un putois enragé ». Malgré le super personnel soignant qui s’est occupé de moi, ça servait à rien de gueuler : yavait rien à me proposer de plus. J’ai continué mes hurlements quand même, c’était incontrôlable.

Et puis on a essayé de vêler. C’est pas passé. Donc petit break d’une heure trente (l’impression de mourir 100 fois, je gueulais que j’y arriverais jamais, je pensais aux remarques de Titounett sur la césarienne et j’ai eu envie d’un coup (alors que c’était mon flip) qu’on m’endorme et qu’on m’ouvre, tant pis si je « ratais la naissance » (voire carrément tant mieux en fait).

Bref, nouvelle tentative au petit matin (tiens, je t’ai dit que j’ai pas dormi depuis plus de 48h ?). Genre tout le monde était là, tranquille, on était 5 sur l’affaire  (Mi-couple et moi inclus, ce qui est raisonnable) quand 4 ou 5 personnes supplémentaires débarquent dans la salle. Tu la vois venir l’embrouille ??

Le P’tit Gouin était coincé (dans ma chatte oui) et du coup ça commençait à craindre.

C’est à ce moment là que, aux grands maux les petits remèdes, on a décidé de me déchirer ladite chatte sans anesthésie  (ceci dit, pour être honnête, une partie de rigolade l’épisio par rapport « au reste »).

Et OUF ! On a pu sortir le P’tit Gouin juste à temps, et sans instruments svp !! (Genre j’ai participé quoi).

J’ai eu une pensée émue pour Florence Foresti quand elle se demande à quoi ressemblent les mauvaises journées des femmes qui déclarent que leur accouchement a été le plus beau jour de leur vie !
C’est à ce moment là que Mi-couple est sorti prendre l’air vaguement palot (une boucherie le truc, terminé les jambons et autres charcutailles !). On a failli le perdre.

Après, tu vas rire (ou pas. Moi même le gaz hilarant ça m’a pas fait marrer. Et pourtant je kiffe !!!), on s’est rendu compte qu’il manquait des choses dedans moi. Il fallait donc aller les chercher. À la main oui. Et me recoudre !!

Donc ben… on m’a fait une anesthésie !! J’ai kiffé bordel, j’étais bien « endormie du bas » !!

Bref, y aurait plein d’autres choses tordantes à raconter, mais je vous avais promis du sentimental alors…

C’est une P’tite Gouine !! Et on la kiffe 🙂

Ps : à très vite pour « comment j’ai failli jeter mon enfant dans le mur à la deuxième tétée »

Pps : je vous dis pas le poids, mais en fait c’est un petit gabarit. Avec un mioche de 3,5 ou 4 kilos je ne serai même plus là pour en parler.