Du blues et des bleus

Attention, c’est encore un post dans lequel je vous fais part de mon profitage extrême, mode Caliméro activé !

Bon, enfin pas tant que ça non plus, hein.

Déjà, je vais nettement mieux. Je suis dehors (enfin, sur un canapé quoi), je peux me lever librement pour faire pipi depuis près d’une semaine (c’est savoureux), je peux prendre des douches, bref, c’est la grande vie. Marcher est encore douloureux, mais rien de comparable aux semaines passées.

Alors c’est cool, d’une certaine manière.

Je suis donc :

-sous anticoagulants (8 heures et 20 heures, mes temps forts de la journée, mon portable se met à chanter pour l’occasion c’est que du bonheur !!)

-sous gougouttes

-sous antidépresseurs

Les antidépresseurs c’est assez « rigolo » dans le fond parce-qu’ils sont du type de ceux que l’on prescrit pour les dépressions post-partum. Du coup, on m’a déjà demandé plusieurs fois « et vous avez accouché quand ? votre carte vitale n’est pas à jour ». Euh…

Je culpabilise évidemment de gober tout ça, mais après avoir repoussé les choses j’ai décidé de faire confiance aux médecins. Je veux à tout prix éviter de péter un boulon après la ponte. C’est ma grosse angoisse, et c’est aussi la crainte des médecins. Avec les hormones, tout ça, et vu mon état actuel, ça semblait un peu craignos. Alors voilà, je me « laisse porter » et j’apprends à faire confiance (enfin évidemment j’ai lu des milliers de notices et le site du CRAT et posé 1000 questions mais bref, je gobe).

J’ai parfois tellement peur de ne pas savoir gérer, de ne pas réussir, ça me serre la poitrine. Mais j’espère fort que le moment venu, les choses se feront naturellement. Et l’angoisse n’empêche pas l’impatience 🙂

Tout cela me paraît un peu dingue, car finalement rien ne se passe comme « prévu » (ou espéré, du moins). Mais je commence à l’accepter. Il n’y a rien de grave, et si l’idéal aurait été d’être juste cuicui les zozios et de n’avoir pas ce souci de jambon, j’ai déjà bien de la chance d’avoir ce type de soucis.

J’ai décidé de limiter la culpabilité sur tout cela. De prendre davantage les choses comme elles viennent.

J’ai par contre de nouvelles angoisses, notamment sur la ponte et les risques de césarienne. Je n’avais pas imaginé de devoir en passer par le déclenchement, et du coup c’est une nouvelle donnée à intégrer. Le sentiment que les choses se précipitent et m’échappent encore un petit peu. Néanmoins là encore rien de grave, je vais être bien suivie.

Mon jambon est bleu maintenant. Enfin les deux, d’ailleurs, pour rendre le truc un peu plus symétrique. Mais on s’en fout, car comme j’ai des bas de contention 23h50 sur 24, personne ne se formalise sur la couleur de ce qu’il y a en dessous.

Bizarrement (ou pas) je n’oublie pas du tout « le parcours ». Je reste très préoccupée par l’infertilité. Comme une dette peut-être, ou la conscience de la fragilité de tout cela. L’envie de faire quelque chose et un sentiment d’impuissance. Le besoin de me justifier en permanence. De remettre dans un contexte. Je ne dois pas sembler très claire…

Des pensées particulières pour vous toutes, des gros mercis pour tous les gentils messages reçus ; je suis toujours aussi émue de toutes ces attentions, surtout dans le contexte.

Chiffonnade (de jambon)

L’histoire du jambon, suite et début de la fin.
En ce moment, je me fabrique plein de souvenirs. Je profite.
Suite à ma 3ème visite aux urgences  (je suis mignonne, je ne compte pas les fois où j’ai fait deux services différents le même jour) on m’a diagnostiqué, suspense accroche – toi, je te le donne en mille ; une phlébite.

C’est marrant parce que c’est le diagnostic que j’ai posé ya euh… 9 jours maintenant. Mais bon évidemment je suis marketeuse pas docteur.

En gros une phlébite c’est un caillot qui se forme dans une veine. Le risque c’est que ce petit bâtard il migre vers tes poumons et paf embolie pulmonaire et ça finit pas toujours bien.
Le mien est costaud niveau voyage puisqu’il est parti du bas de la jambe jusque dans l’abdomen. Coquin !!

Du coup bizarrement on a arrêté de me conseiller d’ « attendre et d’aviser », de « prendre mon mal en patience » et de poireauter jusqu’au 21 mai au motif que « ya des vacances scolaires madame » (imparable comme argument. Priez pour qu’il ne vous arrive rien au mois d’août !).

Alors là non, fini tout ça, j’ai ma carte princesse Gold, oui Gold ! Même plus besoin de me lever pour faire pipi ! Tout est pris en charge ! Manque que les oiseaux et les papillons pour me coiffer le matin (ceci dit, comme je ne me lave plus non plus, mes cheveux tiennent tout seuls hein).

Ah quand tu passes de la « grossesse physiologique avec suivi SF en ville » à la « grossesse à risques » tu le sens bien !
Surtout que, sans me vanter (ben non c’est pas le genre), mon « cas un peu compliqué » (et pourtant c’est banal hein, c’est juste le diagnostic qui a été dingue) a occupé les foules pendant un moment.

Puis bon ben maintenant je suis juste la casse couilles à l’autonomie zéro c’est moins marrant. Ceci dit je me plains pas je suis plutôt très agréablement surprise par l’humanité de la grande majorité du personnel soignant ; (yen a juste un que je veux taper mais ça attendra un chouille du coup).

Ce qui n’est quand même que justice rapport à la majorité d’entre vous c’est que je vais a priori bien rattraper mon déficit en injection : ben oui je suis la veinarde qui n’a fait qu’une stim, mais là j’en ai pour des mois d’injections, et pour l’instant c’est deux fois par jour (c’est un rythme idéal je trouve pour se familiariser bien avec la chose).

Je vais par ailleurs avoir des bas généreusement offerts par la Sécu  (merci la Sécu !!) et (roulements de tambours !!) je les porte le jour ET la nuit pour doubler mon capital transpiration des pieds séduction !

Ici j’apprends plein de choses. Et c’est un peu l’objet de ce post (en plus de parler de moi évidemment) : partager avec vous mon expérience passionnante :

-les coquillettes se marient bien avec les nuggets. Je répète : les coquillettes se marient bien avec les nuggets (de volaille qu’ils disent. Même eux ne savent pas précisément ce qu’ils ont mis dedans comme animal).

-les docteurs ont fait des années et des années d’études et la plupart sont très compétents mais ils sont humains et n’ont pas la science infuse. Aussi ils ne doivent pas t’empêcher de suivre les recommandations de ta mamie et surtout d’écouter ton corps.

-petit instant stats : un peu moins d’une chance sur 1000 de faire une phlébite pendant sa grossesse. C’est moi qui ait gagné !! Na na nère !

-penser à ta fierté ne réduit pas la douleur que tu ressens quand tu te retiens d’uriner. Pisser dans le bassin, si. Note par ailleurs qu’il est de toutes les manières impossible de se retenir 3 jours. A bon entendeur…

-quand ton mec voit sur ta tête que ça va pas le faire et te conseille de préparer un sac de fringues avant d’aller aux urgences, « au cas où », écoute – le. Ça t’évitera qu’il ne t’apporte que des choses dans lesquelles ton cul et tes jambons ne rentrent plus

-mon mec est formidable ; (bon ok ça tu t’en fous mais je tenais à le signaler)

-une journée fait bien 24h. Vraiment. Bordel c’est long.

-c’est super les hôpitaux universitaires c’est rempli de jeunes personnes qui ne demandent qu’à apprendre ! Et la bonne nouvelle c’est que tu as plusieurs bras avec plusieurs veines chacun donc même s’ils t’ont déjà defoncé 5 veines en cherchant bien on peut en trouver d’autres pour apprendre encore plus !

-c’est beau de partager un peu d’intimité. Bon là ma voisine de chambre aurait peut être un avis plus modéré sur la question

-au cas où tu n’oses pas demander (il faut voyons !) l’alitement total (total. Au sens strict du terme) n’est pas du tout compatible avec des troubles obsessionnels sur la bouffe et la propreté. Du tout du tout.

-dormir dans des miettes de pain ça pique. Par contre on ne sent pas du tout les coquillettes : bien cuites elles sont moelleuses. Quant aux nuggets ya pas eu de débordement tout est parti dans la bouche ou resté dans l’assiette.

De façon un peu plus « militante » et bien que je ne sois pas non plus très bien placée pour en parler (je ne suis ni la première ni la dernière à qui ça arrive et j’ai la chance que pour moi ce soit en durée très limitée) je m’interroge beaucoup sur ce qu’on pourrait appeler la « dignité humaine ». La prise en charge de la dépendance. Le traitement des patients dépendants. Les conditions de détention dans certains pays.

Je me rends compte que pouvoir chaque jour se brosser les dents ou se laver les mains est une vraie chance et je pense à celles et ceux qui ne l’ont pas.

Ps : je me décide enfin à créer une catégorie « Miliette profite » on est déjà passés à côté de trop de choses !!

Pps : en vrai ya pas se chiffonnade de jambon au menu hein. C’est juste mon jambon et moi-même qui sommes chiffonés.

Grosse fatigue

Attention, ceci est un post dans lequel je me plains de façon totalement transparente et dans lequel j’ai même pas mis de l’humour dedans (c’est vous dire !).

Je suis défoncée, blasée, très déprimée. Comme ça, c’est fait, c’est dit. Après avoir passé 18 heures dans les urgences d’un hôpital samedi/dimanche, j’ai fait la tournée des urgences de « mon » hôpital hier. Oui, parce que du coup, on me renvoie d’un hôpital à l’autre (« ah ben c’est pas logique de venir ici si vous êtes suivie là bas » dixit hôpital n°1, « ah ben pourquoi vous n’êtes pas retournée là bas puisque vous yêtes déjà allée » dixit hôpital n°2) et des urgences générales aux urgences mater (puisqu’on ne sait pas s’il y a un lien avec la grossesse ou pas).

Tout me rend dingue. J’ai un jambon dont le diamètre est de 5cm supérieur à l’autre jambon. Heureusement qu’ils mesurent car certains (c’est à se demander si ce n’est pas de la mauvaise foi) trouvent que « c’est pas flagrant à l’œil nu »). M’enfin moi je vous dis que oui, et le cm aussi (et ce sont des mesures faites par les médecins, hein). Bref, a priori c’est très intéressant à regarder (même le chef de service s’est déplacé, j’avais 5 personnes différentes pour mater mon jambon en même temps, heureusement que je n’ai plus de pudeur) mais personne ne comprend trop. Alors j’ai qu’à « attendre et voir ». Et me mesurer le jambon, et tâter mon mollet régulièrement voir s’il tremblotte (entre mon ventre et ma jambe qui ne bouge plus je peux même plus me marrer à le faire tremblotter mon mollet, mais bon, c’est pas grave, je vais me démerder).

Je me suis donc piquée au Lovenox pour la première fois ce matin, avec l’infirmier. Il va en effet falloir que j’arrête de faire ma princesse et que je me pique seule puisqu’on m’a dit de bien me reposer mais personne n’a songé à savoir si j’avais un arrêt de travail. Je suis tellement blasée que je n’ai pas réclamé, je me piquerai donc seule puis irai bosser comme je peux, souffrir sur le canap ou au boulot après tout ça ne change pas grand chose, juste je ne sais pas comment je vais assurer mes déplacements puisque je ne suis pas franchement mobile (j’ai pleuré ce matin tellement c’était douloureux de se pencher pour ramasser une chaussette, ça vous donne un ordre d’idée).

Du coup, j’avoue je ne rigole plus beaucoup. Pourtant, j’ai été bon public jusqu’au bout quand l’élève sage femme m’a niqué les 2 bras pour s’entraîner à poser des cathéters, je l’ai même fait rire et tout, mais quand j’ai compris qu’après encore 8 heures aux urgences (au pluriel, les urgences mater et adultes) Martine (comprendre : ma pomme) pouvait rentrer chez elle avec ses jambons et ses deux bras niqués pour « attendre et voir » je rigolais plus du tout.

D’autant que ce jour c’était le RDV chez la SF. Qui, tu vas te marrer, se déclare maintenant « incompétente » pour me suivre puisque je ne relève plus du physiologique (ouais, je suis pathologique maintenant). J’ai bien fait d’y aller quand même car il y avait une autre élève SF à former, et que je suis un cas passionnant n’est ce pas (elle a kiffé mes jambons aussi, elle elle a bien vu le truc même avant que je ne tombe le futal).

Alors elle me refile à un médecin. Jusqu’ici, tout va bien, moi,  je suis d’accord. Elle me fait un papelard pour que je puisse avoir un RDV à la fin de ma prescription de Lovenox, pour « voir et aviser » comme on me l’a recommandé. Ben ouais, mais figure toi que les médecins ils sont pas dispos avant un mois. Donc j’ai mon RDV dans plus d’un mois, sachant que je dois « voir et aviser » dans 10 jours. J’ai expliqué à la personne qui m’a donné le RDV la petite incompatibilité qui me semblait apparente. Mais bon, « c’est comme ça » donc j’aviserai toute seule, on verra bien.

Par contre, pour les conneries ya pas de temps à perdre. Vous savez comme moi qu’en PMA on fait une carte de groupe sanguin. J’ai donc ma carte, réalisée grâce à une ordonnance de cet hôpital. Ben il en veut une autre, car là, ma carte, c’est pas une de l’ESF, donc « ça compte pas » (ben voyons). Donc une PDS ce matin (on a bien rigolé pour trouver une veine) puis on en refera une le mois prochain, « pour contrôler ».

C’est sûr, mon groupe sanguin il est déterminé depuis 29 ans mais c’est important de le refaire, là, encore et encore. Pas de temps à perdre !!!

« Ma » SF (que j’aurais donc vu 2 fois) a été tout à fait appliquée, comme la dernière fois : comprendre : elle note. Faut pas trop en attendre plus, je pense. « Ah vous n’êtes pas très bien. Je note ». Oh ben notez, que voulez-vous que je vous dise.

Elles ont (la SF et l’élève SF) observé que mes bas de contention étaient « trop grands ». Admettons. Tu crois donc qu’elles m’en auraient prescrit d’autres ? Ben non. J’ai UNE paire, apparemment trop grande. Ben j’ai pas demandé non plus, tant pis, blasée je vous dis je suis blasée, de toutes les manières déjà trop grands j’arrive pas à les enfiler, alors…

Petit détail « fille » : je ne suis plus rien. Je ne suis plus une femme. C’est terminé. Je sais que ce n’est qu’un détail, mais ces jambes, ce jambon en particulier, avec sa forme qui ne ressemble à rien, sa couleur un peu bizarre, ses poils (oui, figure-toi que la cire c’est pas conseillé. Et qu’en ce moment, je ne peux pas faire grand chose d’autre), je n’en peux plus. Je n’en peux plus de me promener comme ça, dans ces putains de bas, difforme. Je ne peux même plus m’habiller proprement, puisque ma jambe gonflée ne rentre plus vraiment dans mes quelques futs de grossesse. Et que pour les raisons mentionnées plus haut, j’ai moyen envie de faire péter les jupettes, si vous voyez ce que je veux dire.

De toutes les manières, je ne peux plus vraiment m’habiller seule, du moins pour les bas. Autonomie 0, mon corps ne m’appartient plus.

J’envisage donc très sérieusement d’aller bosser cul nul dans mes bas, je serai plus à l’aise comme ça. Puis quitte à passer pour folle (ah oui, je ne vous ai pas dit, mais en plus certains médecins semblent « douter ». J’ai lu « douleurs SELON LA PATIENTE » à plusieurs reprises, ça m’a rendue dingue. Ben ouais SELON MOI, qui d’autre je peux faire témoigner à ce propos, hein ???) autant jouer la folle.

En parlant de ma dinguitude, je ne vous l’ai pas dit, mais les gougouttes (bon, derrière ce petit nom mignon se cache un truc un peu costaud quand même) ne semblaient plus suffire et on m’a donc prescrit autre chose (en plus). Ben figure-toi que je n’arrive pas à le prendre, car la notice parle notamment d’impacts éventuels sur la fertilité. Mais on te conseille de prendre la pilule quand tu prends ce médoc (WTF ???). Bref, tout pour faire flipper ce truc, donc j’ai pas réussi. (la SF a « noté », évidemment. Avec ça, je suis tranquille).

Mais franchement, ça allait mieux ces derniers temps, même sans tout ça. Là par contre depuis samedi je dois dire que ça devient difficile. Je souffre assise, debout, allongée. D’après la pesée du jour, j’ai perdu du poids, et c’est la première fois de ma vie que ça ne me fait pas plaisir du tout.

Alors évidemment, l’excellente nouvelle c’est que mon petit va bien. Et je m’en réjouis, et pas un seul jour ne passe pour que je remercie la vie de me faire ce cadeau, dont je mesure le caractère précieux bien plus que mes jérémiades ne peuvent le laisser penser.

Mais je voulais autre chose pour lui. Je voulais être une future maman enjouée, rieuse, qui peut marcher et préparer son arrivée. Je voulais pouvoir juste penser à lui, et pas stresser à chaque instant, sur ce que je mange, l’état de mes veines, ma saturation (je connaissais pas vraiment, mais en ce moment, tout le monde surveille ma saturation, ça semble passionnant) et le reste.

Et là, j’ai déjà l’impression d’être une mauvaise mère, de ne pas lui offrir le meilleur, et ça me serre fort le cœur.

Sur ce, je vais arrêter de me plaindre car je sais que malgré tout il n’y a rien de grave, et que c’est ce qui compte. Vous aurez la bonté (j’espère) de mettre tout ça sur le compte de la « grosse fatigue ».

La fièvre du samedi soir

Bon, pour commencer, quitte à vous gâcher le suspense, tout va bien.
Mais je poste en direct depuis un lit d’hôpital  (ça occupe).

Figurez – vous que comme je mets un point d’honneur à profiter, et que c’était les vacances et qu’en vacances c’est bien connu on se fait chier, une de mes jambes a décidé de devenir toute zarb et violette (j’ai toujours kiffe le violet c’était la couleur de mon mariage. Celui qui s’est fini en divorce. Bon je m’égare).

Petit conseil d’amie : si une de tes jambes devient mauve (ou parme) que ce soit la gauche ou la droite ou une autre je veux pas le savoir, consulte.

Et avant de consulter, fais pas comme moi : dîne. Les madeleines des distributeurs c’est peut-être listeriose free, mais ça nourrit pas la bête.

Bref, depuis hier du coup je fais plein de trucs marrants. Déjà, on m’a foutu un truc pour prendre la tension toutes les 10 minutes. On s’est bien marrés après 3 fois l’infirmier pouvait prédire le truc juste à ma couleur : blanche avec la gerbe, 8, fraîche comme un gardon, 10. Ce petit jeu nous a occupé un moment.

On a fait des PDS évidemment, tâté un peu mes jambons (le mauve et l’autre pour comparer). Puis un ECG.

On a monitoré le petit (qui va bien).

On m’a foutu du Lovenox (merci Dame Lapin j’ai pu me la péter car je connaissais !!).

Je me suis faite engueuler rapport au fait que je suis pas allée dans le « bon hôpital » (comprendre : celui de la ponte). En même temps je comptais pas pondre de suite…

Bref on a gentiment tué le temps jusqu’à 2 heures et des poussières puis on m’a mise dans une piaule où j’ai pu dormir passer la nuit. Va dormir toi avec un cathéter, le truc à tension par dessus le cathéter (riche idée !) des électrodes branchées de partout et un truc de E.T. au bout du doigt.

Je suis joie et bonheur en tous cas l’hôpital c’est vraiment ce qu’il me fallait avec mes angoisses de microbes, d’autant que j’ai pas droit de me lever pour me laver les mains (sont cruels).

J’ai passé ma nuit juste à côté des chiottes (dans lesquels j’ai pas droit d’aller non plus. Joie et bonheur je vous dit) et c’est vraiment génial car ça a illuminé ma nuit : vert, c’est libre, rouge, c’est occupé. Bon ya le bruit aussi qui te donne une indication…

Alors voilà, on se marre bien, j’attends mon doppler pour savoir si c’est une phlébite ou juste P’tit Gouin qui joue avec mes veines (faut bien qu’il s’amuse).

Ils vont me trouver fraîche et dispose demain pour un retour de vacances dis donc…

Miliette consomme

Ouais, on va rester dans la lignée du dernier post : on va causer consommation.
Ce blog n’a pas cette vocation mais un des objectifs étant de me détendre du trognon ben du coup on est dans les clous.
Puis je fais ce que je veux d’ailleurs.
Puis ça peut vous servir 🙂

Ces derniers temps, comme j’achète beaucoup de conneries, j’ai eu le sentiment de me faire pas mal arnaquer (faut dire que je suis susceptible).

Tout d’abord par un site de parapharmacie, C*mptoir Santé pour ne pas le nommer (je suis mignonne je floute).

Plus d’un mois pour recevoir ma putain de commande. De près de 90 boules tout de même. Cette commande incluait, entre autres choses, des compléments alimentaires adaptés aux dindes. Des qui devaient me donner le moral en plus. Pour 3 mois. Je leur avais donc fait un premier mail de réclamation que je trouvais  (en toute modestie) plein d’humour et dans lequel je leur expliquais que pour ce type de produit, des délais de livraison qui se comptent en mois ça risquait de pas le faire, rapport à la ponte qui approche.
Ben je vais vous dire : l’humour, ça paye pas.

Ma deuxième réclamation écrite (tu penses bien qu’en plus ils répondent pas au telephone) s’intitulait en objet (très sobrement) « mise en demeure » (tu es fière Mari ??)  avec dans le corps des menaces de recours à 30 millions d’amis et tout (ou 60 millions de consommateurs enfin tu vois quoi).

Bizarrement, ça a mieux fonctionné que l’humour parce que j’ai fini par recevoir mon colis. Mais vu comme cette histoire m’a énervée je suis pas sûre que les cachetons me calment, d’autant qu’un des arguments avancés par la boutique physique (la boutique en ligne étant injoignable) était que « je ne suis pas la seule à me plaindre beaucoup de produits sont coincés en douane » ce qui ne m’a pas rassurée du tout.

Mon avis donc ; passez votre chemin ! Ce site a « pignon sur rue » mais ça craint !

Autre petite arnaque : le logo « avis v*rifiés » que nous pourrions très justement rebaptiser « avis contrôlés ».

Je remets dans le contexte : je suis piercée (et tatouée et alcoolique et fumeuse en pause et actuellement sous gougouttes. La misère…).
Bref, j’ai décrété qu’enlever mon piercing du nombril c’était un peu craignos en ce moment puisque en se rebouchant j’avais peur que ça s’infecte, toussa toussa (je vous ai pas parlé de ma parano ??). J’ai donc acheté un piercing spécial avec une tige molle. Un truc exprès quoi. Donc secure (pensais-je).

Que nenni, la bille s’est barrée (5 jours  youpie) mais sans le pas de vis, ce qui fait que je me suis fait mal à vouloir enlever la tige et que j’ai dû tout couper. (J’ai passé 3 jours à prendre ma température dans l’attente d’une septicémie mais c’est une autre histoire. Je vous ai parlé de ma parano  ? Ah oui).

C’est donc contrariée que j’ai eu l’occasion de laisser mon avis sur cette commande comme me le proposait gentiment « avis contrôlés ». Comme j’étais fâchée et stressée bon, je me suis montrée plutôt négative (en même temps une durée de vie de 5 jours et un truc « dangereux » bon, yavait pas de quoi balancer des coeurs et des étoiles partout).

Avis contrôlés me prévient que comme mon avis n’est pas que joie et bonheur, ils vont attendre un peu avant de le publier, voir si le site veut me répondre. Ça commence à sentir l’arnaque, mais soit.

Je vous épargne en parallèle mes petites histoires avec le site en question pour en arriver vite au pompon sur le biscuit : 3 plombes plus tard, avis contrôlés m’envoie un gentil mail pour me dire que mon avis est refusé au motif que « votre avis est relatif à un produit et non à votre expérience d’achat sur le site ».
Mignons pour mignons, ils me proposent donc de laisser un nouvel avis (positif j’imagine).
Pour mettre des étoiles et des coeurs sûrement, parce que si un site te vend de la merde MAIS qu’il est joli ben ça te fait une « expérience d’achat » fabuleuse. Et ÇA c’est important non ?

Je crois qu’on se fout de ma gueule là…

Le monde (mercantile) merveilleux de la grossesse

Tout est dans le titre, c’est un post « grossesse » (j’ai pas créé de petites catégories et tout, car j’assume toujours pas. Désolée).

La bonne nouvelle c’est que vous allez pouvoir vous foutre de ma gueule (et ça, ça n’a pas de prix !) puisqu’on va parler (je copite Marivalou d’une certaine manière) pognon et plus précisément dépenses à la con.

Alors pour remettre dans le contexte, je ne suis ni pauvre ni particulièrement friquée, je dois être ce qu’on appelle la « classe moyenne ». Avec une tendance à claquer de la thune que je n’ai pas toujours (oui les meufs, c’est barré, je sais !!!) quand je suis déprimée (c’est-à-dire souvent) surtout pour des choses dont je n’ai pas vraiment besoin (mais sinon, c’est pas pareil).

En ce moment, comme chacun sait, je ne suis que joie et bonheur (tiens, puisqu’on se met au teasing, un post à venir sur la santé mentale de Miliette !! ou son absence de santé mentale devrait-on dire. Bref. Et un post sur Mi-couple. On va redorer son blason) et il y a des choses à acheter : joie et bonheur + achats indispensables, tu la vois venir la combinaison marrante ??

Tout a commencé par les sous-vêtements. Ouais. J’aurais pu écrire « soutiens-gorge » car mon cul n’a pas trop bougé (si ce n’est une magnifique couche de cellulite !!! yahou !!) mais comme dit ma grand-mère, il faut toujours assortir ses sous-vêtements, au cas où il y est un accident et que les pompiers nous retrouvent (ce à quoi je réponds « ben ça fait plaisir que ta seule préoccupation ce soit que je passe pour une fille qui n’assortit pas ses sous-vêtements auprès de pompiers qui à mon avis s’en tamponnent le coquillard).

Bref, pendant mon petit parcours PMA, déprime, paf, j’ai eu besoin de me « sentir femme » et j’ai commandé de jolis ensembles de sous-vêtements. Je ne me suis pas vraiment sentie femme mais je me suis plutôt sentie con quand ils sont arrivés juste après ma PDS et qu’il a été très clair que mes seins ne rentreraient pas dedans, même moitié par moitié. ça dépend ça dépasse, yavait rien à faire.

Depuis lors, ce sont 678 (je vous écris depuis le Sud, alors j’arrondis au supérieur) nouveaux ensembles de sous-vêtements qui sont venus rejoindre les copains dans mes placards (voire « à côté », car là aussi du coup ça dépend ça dépasse, si vous voyez ce que je veux dire.

Avec peut-être 3 ensembles qui sont à peu près à ma taille (comprendre : ils ne me font souffrir le martyr qu’après la 5ème heure de port). Impossible de trouver ma nouvelle taille, et de toutes les manières je soupçonne les bestiaux de gonfler et dégonfler dès que je trouve un truc qui me semble adapté. Moralité : ben ça fait mal bordel les sous-vêtements pas adaptés !!

Bref. D’une manière plus générale, pendant la grossesse (comme pendant ton mariage, ou d’autres moments de ta vie hein) on te fait comprendre qu’il va falloir raquer, et que le plus sera le mieux. Sinon, tu es un mauvais parents en devenir. Ben ouais.

Mi-couple est très sensible à cet argumentaire, puisque quand je parle d’affaires de « seconde-main » ou autres vides greniers, j’ai droit à « mais quand même, tu ne veux pas le meilleur pour notre enfant ? ». Lui a droit, en retour, à ma main dans sa gueule. ça a nettement facilité le débat. Et on a des vêtements d’occasion oui, car c’est trop joli une petite tenue « Jaques a dit » mais j’avais pas 50 boules à mettre pour une tenue portée 3 fois pour vomir (mais quand même, je l’ai en travers, car OUI c’était trop mignon).

ça, c’est le premier truc rigolo.

L’autre truc rigolo, c’est que tu achètes des choses dont tu ne soupçonnais même pas l’existence. Ou alors que tu croyais que ça voulait dire autre chose. Genre, une nacelle c’est pas du tout un truc de montgolfière comme je le croyais, c’est un truc pour ranger le bébé, et ça se met sur la poussette ou dans la voiture. Mon frère m’a dit « laisse tomber ça sert 3 fois max c’est pas indispensable ». J’ai pas acheté, donc (mauvaise mère !! dirait la vendeuse). Mais il paraît que c’est très important pour les prématurés, les petits bébés et que c’est effectivement plus confortable, hein.

Autre truc marrant, découvert dans la liste des choses « indispensables » préconisée par une appli : une sauteuse. Alors on va voir si comme moi ça te fait marrer : une sauteuse, pour moi, c’et une poêle. J’ai donc ri comme une hyène un bon moment. Ben non, c’est un truc pour mettre le P’tit Gouin. Et qui cuit pas. Alors là, c’est pareil, les avis divergent : indispensable selon mon appli, dangereux selon mon département (oui, la collectivité territoriale). Pas pris non plus.

Dans la catégorie « ça sert à quedalle mais on est cons on a acheté », on trouve en tête de liste mon grelot (pour une PB, ça s’appelle un « bola »). Vas-y la Reine, marre toi. Alors pendant longtemps, j’ai pas assumé. Je l’enlevais devant le travail, comme un signe religieux distinctif, et je le portais en cachette. Mais plus on se fout de ma gueule plus je kiffe, du coup, je le porte mon grelot !! (puis j’entends plus personne dire du mal de moi, les gens savent quand j’arrive !).

Nous avons aussi (merci Mi-couple !!) un merveilleux « mouche-bébé électrique et musical ». 12 mélodies le bordel. Moralité : ne jamais lâcher Mi-couple, même à Carrouf. On n’est pas à l’abri d’une surprise.

Donc évidemment, ce truc me fait bien rire. Je pense que comme moucher son bébé ça doit être juste très éprouvant pour les nerfs, les musiques c’est pour calmer les darons. Nan ?

Enfin bref, ça, on a !

Nous avons aussi des couches lavables. Je vous vois venir « elle va les utiliser une fois, elle va abandonner ». On me l’a déjà dit, du coup, vous pouvez vous l’épargner pépère.

Petite info pour celles qui seraient en recherche : il est inutile, comme moi, de taper bêtement « poubelle pour couches lavables » dans Gogole en pestant car rien ne sort. C’est normal, puisque l’idée c’est de ne pas jeter les couches (j’aurais pu y penser d’ailleurs). On parle donc de seau (seau à merde).

J’ai pris une couche lavable « avengers » pour motiver Mi-couple à l’utiliser (ouais, juste une, mais j’ai d’autres modèles hein) je sens qu’on va vraiment se marrer.

On vient d’échapper de justesse au babyphone en forme de lapin, et à celui qui fait « caméra veilleuse thermomètre détecteur de mouvement infrarouge et vision nocturne ». Mais c’est reculer pour mieux sauter, hein.

Il y a aussi des débats passionnants sur les « tours de lit ». Trop mignons selon moi, trop dangereux selon l’hôpital. Dingue. Là, la mauvaise mère en moi est partagée : acheter ou pas ? Pffff, quelle galère !

Un autre de mes kifs, c’est les produits pour lesquels un des arguments de vente est « pratique, même Papa pourra l’utiliser ! ». Si si. C’est un argument fréquent (et on me l’a sorti en live pour le « transat de bain », « même Papa pourra donner le bain au bébé » dixit le vendeur). ça me donne envie de tout péter mais enfin… j’ai moi-même cédé pour la couche Avengers, je vais donc la fermer !!

M’enfin, on est bien partis : il manque plein de choses indispensables, donc certainement de nombreuses dont je soupçonne même l’existence, mais bordel, on a déjà plein de choses inutiles ! (là, je vous fais le bruit de mon grelot).

Jeu Concours de la Boutique des Idées Fertiles

Bon, j’ai beau être une marketeuse de seconde zone, je sais comme vous toutes (et tous ?) qu’il reste du boulot en matière de comm sur l’infertilité et, bien que je les fuie sur le plan perso, je ne peux nier l’impact des réseaux sociaux pour faire circuler des infos sur la toile.

Alors puisque mon blog tout merveilleux qu’il soit n’a pas révolutionné la face du monde, parce qu’on a la chance (dans notre galère) d’être nombreuses, solidaires et fertiles en idées (à la con mais pas que) voici ce que l’on vous propose !

Communiquer de nous mettra pas un bébé dans les bras. Mais communiquer nous aidera à sensibiliser, le grand public ET les pouvoirs publics.
Nos angoisses sont intimes, nos histoires sont personnelles mais n’oublions jamais que l’infertilité reste aussi un problème de société.

Aidons – nous puisque personne ne va venir nous prendre par la main et c’est tant mieux on sait jamais pour les microbes.