Lundi fouillis

Bon. Force est de constater que « c’est grave le bordel dans ma tête ». Dans mon corps aussi, je crois que commencer toutes mes journées avec un thermomètre dans le *** commence à bien me taper sur le système. Ça ne fait jamais une courbe ce truc, pourquoi ?

Mon Martien va se coltiner son deuxième spermo la semaine prochaine. J’apprehende, dans quel état je vais le retrouver mon homme ? Bah oui, lui il croit encore que ça va s’arranger… Autant dire que pour ma part, je suis moins naïve (optimiste pardon).

Et le 4, première rencontre avec un « vrai » donc PMA. Présentée par ma gygy : ‘bon, c’est un personnage vous verrez, mais il faut se concentrer sur les résultats ». OK…
Et après ?

Galères administratives : on ne rentre pas dans les cases. Top, moi qui ait toujours aimé sortir du lot, ça me fait moins rire en ce moment…
En parallèle : prises de renseignements en cours pour la Belgique… IAD ? Avec une trompe « probablement spasmée » ? Peut-être bouchée donc…

Plus de force pour écouter les amies/belle soeur inquiètes parce que’ « un bébé c’est des frais/l’accouchement ça fait peur ». Parce que, de mon point de vue, la PMA, ça coûte cher, la PMA, ça ressemble parfois à de la boucherie, sauf qu’au bout, je ne suis pas sûre de l’avoir, le bibou…

Et puis faut pas boire et fumer, et faut manger des légumes. Mais moi, stressée et déprimée, je fume (un peu), je bois (avec modération) et je me nourris de brioche, celle avec le sucre perlée…

Sinon ça va, il fait beau 🙂

L’enfer, c’est les autres

Soyons très clairs, il n’y aura ici pas d’explications de textes de Sartre. Pas d’explications du tout d’ailleurs. Juste quelques faits et des questions.

J’ai cette impression que, par delà la galère de l’infertilité, il va falloir composer avec ces autres, pour le meilleur et pour le pire.
Bon, le corps medical déjà, pour lequel on constate clairement l’inexistence ou la nette insuffisance de l’initiation à la psycho (voire au bon sens et à la politesse, mais bon là les études et concours ne peuvent pas tout).

Ma gynéco, face à mes inquiétudes : « vous ne voudriez quand même pas qu’on fasse déjà un spermogramme à votre compagnon ? ». Bah sur le principe non ça me faisait pas rêver. Bon le résultat (oats extrême) non plus, mais comme quoi ça ne semble pas être que « dans ma tête »…
La manip de l’hystéro : « c’est bon, c’est négatif, vous n’êtes pas enceinte ! ». Bah oui en même temps le suspense était limité… Puis : « vous venez pour une stérilité primaire ? ». Bah oui c’est pour ça que je fais le test, parce qu’on sait d’office qu’il n’y a plus rien à faire pour mon cas. « Bon, on vous a prévenue je pense, ça va faire mal »

Forte de tout ça, quand le docteur arrive, avec 1h30 de retard, pour me dire que « l’important pour cet examen, c’est d’être détendu », je le sens bien !! Bon, avec 4 appels au boulot entre temps, pour confirmer que non, je ne sais pas du tout quand je vais arriver…

En parallèle, le doc du Martien qui se retrouve à parler, en mon absence, de ma vie avec mon ex. Suite à consultation de mon dossier sur le PC. C’est cool, je l’ai jamais vu moi ce docteur, mais ça me fait plaisir de savoir qu’il peut consulter ma vie sur le PC pour en parler comme ça en mon absence…

Et la famille et les amis dans tout ça ? Ils tiennent la part belle aussi, personne ne sera distancé !
Bon, les conseils : « à mon avis, il faut vous laisser du temps et ne pas y penser ». Ah oui, pas con.
« Et du coup, vous vous séparez ? » Si oui « t’es un monstre ». Si non « mais t’es sûre ? »
« bon, au pire, c’est pas grave, ya l’adoption ». Bon, alors pour moi,l’adoption ce n’est pas « le pire ». Rien que l’expression me hérisse. Par contre, les 4 ans mini de délais, l’intrusion dans notre vie, l’incertitude (hé oui là non plus ce n’est pas un droit !!), le psy et l’assistant social… Ah oui quand même…
Il y a aussi les gens d’expérience !! « Ah mais regarde, moi je n’y croyais pas non plus, et pourtant ! » Ce n’est pas que j’y crois pas moi, c’est que le corps médical nous confirme que c’est quasi mort…
« Bon, mais ya encore une chance, non ? ». Oui, il y a une chance. Bon, c’est comme si je joue au loto, j’ai une chance de décrocher la timbale. M’enfin va pas trop falloir compter dessus quand même…
« Aller, tu es jeune ». Oui, si on veut. Et ??
« Bon, mais toi, ça va non ? » A priori oui. Mais comme faut aussi être à deux pour fonder une famille…
« Il vous faut des vacances ». No comment, trop classique !
« Ya la FIV maintenant ». Oui merci je sais. Ce que toi tu ne sais pas, c’est que c’est pas jackpot à chaque fois, et que c’est pas marrant-marrant !
« Oui, alors là, fais gaffe, tu sais, je connais quelqu’un pour qui ça n’a jamais marché ». Bah oui, je sais… Option inverse « non mais t’en fais pas, pour machine, ça a marché du premier coup. ». Bah oui, ça arrive aussi, heureusement…

Et les textos : « c’est un garçon » ! « regarde mon écho »!
Bah moi aussi j’en fais des échos, suis même pas jalouse, et aussi des PDS, alors qu’on me casse pas les pieds !!!!!

L’enfer, c’est les autres. Et franchement, je me passerais bien de toutes ces remarques à la con.
Et en même temps… Que l’on minime, cela m’énerve. Que l’on dramatise (si tant est que l’on puisse dramatiser plus que moi), cela me déprime. Si on en parle, je le vis mal. On me parle d’autre chose pour me changer les idées ? bah oui, mais je n’arrive pas à me changer les idées. Du coup, j’ai le sentiment qu’on nie ma souffrance. Donc ? Oui. Je dois le reconnaître. Aucune réaction ne me convient. Puisque finalement, je veux quoi ? Que ça aille. Au moins dans ma tête, mieux. Et ça, personne ne peut me l’apporter…